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Comme chaque début d’année, Las Vegas a été l’hôte de ce qui est pour moi le plus grand salon de l’électronique et des technologies au monde. Ainsi, du 6 au 9 janvier (officiellement depuis le 4 pour la presse internationale), le Costumer Electronic Show a donné le ton des tendances technologiques pour la nouvelle année. Ce premier billet est consacré à la réalité virtuelle qui a pris une place importante dans cet événement d’envergure.

Le CES est un salon technologique des plus impressionnants. Le site Internet de l’événement prévient même les visiteurs de s’apporter de bonnes chaussures s’ils pensent faire le tour de tous les kiosques. Cette année, 3 600 exposants représentant 153 pays disposaient de pas moins de 223 000 mètres carrés (plus impressionnant, c’est 2,4 millions de pieds carrés !) pour présenter les quelque 20 000 produits du Salon.

Durant cette semaine, j’ai vu passer des centaines d’informations, lu des dizaines d’articles et regardé plusieurs conférences. J’ai remarqué plusieurs tendances technologiques de cette édition du CES, mais principalement deux ou trois qui se démarquent. J’avais tellement de choses à communiquer que de les écrire dans un seul article était presque impensable. J’ai donc décidé de les diviser en plusieurs articles, dont ce premier billet consacré à la réalité virtuelle.

La réalité virtuelle devient « réalité » pour le grand public

Déjà connue des professionnels dans différents secteurs d’activité, la réalité virtuelle (ou « VR » pour Virtual Reality) courtise le grand public en 2016. Elle était attendue notamment par les « gamers » pour vivre une nouvelle dimension dans leurs jeux vidéo. Les joueurs seront comblés au cours des prochains mois. Pour peu que ceux-ci disposent toutefois du matériel adéquat pour supporter cette nouvelle technologie.

En effet, que ce soit pour les jeux vidéo ou d’autres secteurs d’activités (notamment pour les communications, l’éducation et le commerce), il semble que la réalité virtuelle exigera que l’on soit équipé d’une machine très performante. C’est la conclusion que l’on tire de la présentation du casque Oculus Rift fabriqué par Oculus VR, filiale de Facebook depuis 2014 (rachat de 2 milliards de dollars).

Une technologie qui requiert un ordinateur très performant

Déjà proposé en précommande depuis le 6 janvier pour un prix controversé de 600 $US, soit 849 $CAN (le fondateur de l’entreprise s’en est d’ailleurs excusé), l’Oculus Rift exige un ordinateur performant ayant au minimum un processeur Intel i5, une carte graphique NVIDIA GTX 970 / AMD R9 290, une mémoire RAM de 8 Go, une sortie HDMI (1.3), de même que trois ports USB 3.0 et un port USB 2.0 (le casque a besoin des quatre ports !). Le tout doit fonctionner avec Windows 7 SP1 64 bits ou plus récent. On parle d’un budget total estimé à 1 500 $US (casque et ordinateur).

Selon le fabricant Nvidia, seuls 13 millions d’ordinateurs dans le monde (soit 1 %) peuvent supporter le casque Oculus Rift en ce moment. Oculus VR a publié sur son site Internet un outil permettant de vérifier si son ordinateur est compatible avec son casque.

Personnellement, ce que je retiens de tout cela, c’est que la réalité virtuelle (particulièrement l’Oculus Rift) est peut-être le « miracle » qu’attendait l’industrie de l’informatique pour relancer le marché des ordinateurs qui est en forte régression ces dernières années aux profits des appareils mobiles. Est-ce que le lancement de l’Oculus Rift sera un succès commercial ? Certains spécialistes pensent que non (à lire sur LeMonde.fr).

Oculus Rift

HTC et Sony sont aussi dans la course en 2016

Outre l’Oculus Rift, deux autres produits de réalité virtuelle devraient attirer l’attention du grand public cette année.

D’abord, un autre casque qui requiert un ordinateur pour fonctionner, le HTC Vive. Dévoilé au CES de 2015, cette année il sortira officiellement sur le marché en avril (en précommande le 29 février). Pour se différencier de l’Oculus Rift, le casque de HTC (version 2016) est muni d’une caméra frontale qui permettra à l’utilisateur de se déplacer dans son environnement sans même devoir enlever le casque (l’espace réel est intégré à l’espace virtuel).

L’usage de ce casque est pour le moment dédié aux jeux vidéo. Mais il pourra rapidement être utilisé à d’autres fins (il a déjà offert une expérience virtuelle de l’Everest). Le prix n’est toujours pas connu (sera-t-il moins élevé que son concurrent ?).

HTC Vive Pre

Enfin, Sony a dévoilé le casque Playstation VR destiné aux joueurs qui ont une PS4. Ici on ne parle donc pas d’une utilisation avec un ordinateur, mais bien avec une console de jeux. D’ailleurs, il y aurait déjà en développement plus de 100 titres pour la PS4 qui pourront utiliser le casque de Sony. Est-il dédié uniquement aux jeux vidéo ? Peut-être pas à voir cette vidéo de démonstration de la NASA. Là encore, le prix n’est pas connu (certaines rumeurs parlent de 400 $ à 600 $). La sortie devrait se faire d’ici le mois de juin.

Playstation VR

La réalité virtuelle existe aussi pour les petits budgets

Le sujet et les produits présentés ici vous intéressent, mais vous n’avez pas les moyens financiers pour essayer cette nouvelle technologie ? Vous serez peut-être heureux ou heureuse d’apprendre qu’il existe des produits plus économiques pour expérimenter la réalité virtuelle. Je vous propose deux « appareils » qui n’ont besoin que de votre téléphone pour expérimenter le tout.

D’abord, il y a le casque (ou plutôt le masque) Samsung Gear VR disponible depuis décembre 2015 dans les boutiques (dont Best Buy) au prix suggéré de 140 $ (hors taxes). Ici, on insère simplement le téléphone dans le casque et c’est grâce à des applications mobiles conçues pour la réalité virtuelle qu’il est possible de s’immiscer dans cet univers. Ironiquement, Le Gear VR été développé en collaboration avec le fabricant de l’Oculus Rift. Malheureusement, ce gadget est compatible seulement avec la récente gamme de téléphones Galaxy de Samsung (S6, S6 Edge, S6 Edge+ et Note 5).

Samsung Gear VR

Dans le même principe que le casque de Samsung utilisant votre téléphone et des applications compatibles, Google propose le Cardboard qui est fabriqué en… carton ! Proposé pour environ 20 $ sur des boutiques en ligne comme Amazon, le Google Cardboard est un casque à monter soi-même. Il existe aussi plusieurs modèles déjà montés (et beaucoup plus beaux que le modèle de base) que l’on peut acheter depuis les marchands référencés sur la page de Google.

Google Cardboard

Dans mon deuxième billet consacré au CES 2016, je parle des objets connectés.