S’il n’y avait pas eu la science, vous ne pourriez sûrement pas lire cet article sur votre ordinateur ou votre appareil mobile. Nous connaissons tous de nombreux hommes ayant fait évoluer ce domaine. Mais pouvez-vous nommer plusieurs femmes qui ont aussi contribué à faire de la science ce qu’elle est aujourd’hui ? Trois Québécois(e)s ont imaginé un jeu de cartes pour nous faire découvrir ces femmes souvent méconnues du public.

Le jeu de cartes en question s’appelle « Femmes de science ». Il a été conçu par un couple québécois (Benoit Fries et Anouk Charles) accompagné d’un ami illustrateur (Francis Collie). C’est à la suite d’un sondage que le couple s’est rendu compte que la majorité des répondants ne connaissait aucune femme scientifique. Ceux qui en connaissaient pouvaient alors nommer deux fois plus d’hommes de science que de femmes.

Une idée pour faire connaître les femmes de science et inspirer les jeunes filles

Je crois à l’égalité des sexes. Si, socialement, la condition des femmes s’est grandement améliorée, il reste encore du chemin à parcourir. Je trouve donc très intéressante cette idée. Initialement, le jeu a été créé pour populariser des femmes (trop souvent méconnues et ignorées) qui ont fait évoluer la science et la technologie. 44 femmes scientifiques sont représentées par ce jeu de cartes. Ce sont entre autres Lise Meitner, Rosalind Franklin, Marianne Grunberg ­Manago et Rachel Carson.

Mais le jeu a aussi pour mission d’inspirer les jeunes filles (et aussi les garçons !) en leur donnant des modèles qui leur démontrent qu’il est possible de réussir même dans des domaines professionnels qui ne sont pas toujours conventionnels pour l’un(e) ou pour l’autre.

Le jeu québécois obtient du succès sur le marché… anglophone !

Le jeu de cartes original a été présenté au public pour la première fois en mars 2015 sur la plateforme de financement Indiegogo. Malheureusement, le projet n’a pas eu le succès escompté et n’a pas recueilli les fonds nécessaires pour sa réalisation. Est-ce la faute des médias francophones qui ne lui ont pas accordé l’intérêt qu’il méritait ? J’avoue en faire partie. La maman du couple ayant conçu le jeu m’avait contacté l’hiver dernier et je n’ai jamais rédigé l’article sur mon blogue que j’avais promis.

Parallèlement, une autre campagne de financement sur la même plateforme dans sa version anglaise a été lancée. Non seulement l’objectif des 3 000 $ a-t-il été atteint en une semaine, mais il a été dépassé pour atteindre les 9 000 $ en un mois (soit 303 % de l’objectif initial). La campagne de financement a atteint à ce jour plus de 18 000 $. Grâce à ce montant, les trois idéateurs ont pu faire imprimer et distribuer 5 000 jeux de cartes.

Il est assez ironique de constater qu’un produit purement québécois ait connu du succès sur le marché anglophone alors qu’il a été présenté d’abord sur un marché francophone !

Deuxième prise pour se faire connaître des francophones

Depuis quelques semaines, le trio entrepreneur tente à nouveau sa chance dans la francophonie alors que le jeu de cartes « Femmes de science » est présenté sur la plateforme de financement Ulule. Contrairement à la première tentative, le projet a cette fois atteint son objectif et l’a même dépassé. Au moment d’écrire ces lignes, la campagne a passé le cap des 2 600 $. La petite équipe espère atteindre 200 % de son objectif initial qui lui permettra d’imprimer 25 paquets supplémentaires qui seront remis à des écoles et associations. La campagne se termine le 5 août 2015.


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Des revenus qui servent à une bonne cause

L’argent récolté lors des deux campagnes de financement (anglophone et francophones) a bien sûr pour objectif de faire imprimer et distribuer les jeux de cartes, de même que de continuer le développement du projet. Mais ces revenus servent aussi à une bonne cause. En effet, 20 % des profits sont versés à des associations de promotion de la science.

Je vois là une certaine riposte envers le gouvernement actuel et ses compressions budgétaires dans le domaine de la science au Québec. Je pense entre autres au magazine Les Débrouillards, l’Agence Science Presse, l’Observatoire du Lac Mégantic, et, il y a quelques mois, le programme « Chapeau les filles! ».

Si vous êtes intéressé(e) par ce jeu et souhaitez vous procurer l’un des « packages » offerts selon votre contribution, je vous invite à visiter la page de la campagne de financement Ulule et le site Internet (anglophone) du projet. Vous pouvez également suivre le compte Twitter @FemmesScience qui publie chaque jour des informations intéressantes.